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March 03 2011

22:22

Le philosophe doit-il se marier ? Et mourir en Socrate plutôt qu’en Nietzsche

Les rapports des philosophes au mariage, au couple, à l’union, ont toujours été compliqués. Il n’y a qu’à voir la façon dont Sartre est parvenu à arnaquer Simone de Beauvoir avec sa subtile distinction entre « amour contingent » et « amour nécessaire » : c’est en assénant ce genre de choses aux femmes que l’on se retrouve après avec des pavés féministes, des gender studies et, encore plus grave, Judith Butler.

Nietzsche, qui avait, comme on sait, de nombreuses idées très arrêtées sur bien des sujets, en avait également sur la question du mariage. Selon lui, ne pouvait prétendre être philosophe celui qui ne fuyait pas coûte que coûte tout engagement.

C’est ainsi que le philosophe repousse avec horreur le mariage et tout ce qui pourrait l’y inciter, − le mariage comme obstacle funeste sur son chemin vers l’optimum. Quel grand philosophe jusqu’ici a été marié ? Héraclite, Platon, Descartes, Spinoza, Leibniz, Kant, Schopenhauer − eux ne l’étaient pas ; bien plus, on ne sautait même pas se les figurer mariés. Un philosophe marié relève de la comédie, telle est ma thèse : et l’exception qu’est Socrate, le méchant Socrate s’est marié, semble-t-il, par ironie, rien que pour démontrer cette thèse-là.

Friedrich Nietzsche, Généalogie de la morale, Troisième traité, § 7.

Nietzsche savait s’écouter. Il ne se maria pas, et préféra le ménage à trois en compagnie de Paul Rée et Lou Andreas-Salomé, avec cependant un succès très mitigé. Les seuls êtres qu’il enserra ensuite ne furent plus que ceux qui lui transmirent cette syphilis qui lui sera fatale, et aussi ce cheval qu’il enlaça en sanglot, tout ça parce que son cocher le battait − naissance de la tragédie, de sa tragédie.

Socrate était quant à lui marié à Xanthippe, qui était une mégère notoire et redoutée. Pour Nietzsche, Socrate ne l’aurait épousée que pour montrer qu’il ne fallait pas se marier. La légende raconte qu’un jour, elle lui vida le pot de chambre sur la tête. Diogène Laërce rapporte en effet :

À Xanthippe qui, l’injuriant d’abord, allait ensuite jusqu’à l’arroser : « Ne disais-je pas, dit-il, que Xanthippe en tonnant ferait aussi la pluie ? »

Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, Livre II, 36.

Socrate avait le sens de l’humour. Qui peut-être n’était pas très apprécié de sa douce et tendre − cas classique.

À Alcibiade, qui disait que Xanthippe, quand elle l’injuriait, n’était pas supportable, « Pourtant moi, dit-il, j’y suis habitué, exactement comme si j’entendais continuellement des poules ; et toi, d’ailleurs, dit-il, tu supportes les oies quand elles crient ? » L’autre lui répondant : « Mais elles me donnent des œufs et des oisons », « Moi aussi, dit-il, Xanthippe me donne des enfants. »

Socrate était peut-être même un brin misogyne, pour réduire Xanthippe au seul rôle de pondeuse. Mais c’est qu’il se murmure qu’il préférait les beaux éphèbes, tel que, justement Alcibiade.

Une fois que, sur la place publique, elle l’avait dépouillé de son manteau, ses disciples lui conseillaient d’user de ses mains pour se défendre : « Oui, par Zeus, dit-il, pour que, pendant que nous échangeons des coups, chacun de vous dise : « Bravo, Socrate », « Bravo, Xanthippe » ? » Il avait commerce, disait-il, avec une femme acariâtre, tout comme le cavaliers avec des chevaux fougueux. « Eh bien, dit-il, tout comme eux, une fois qu’ils les ont domptés, maîtrisent facilement les autres, moi, de même, qui ai affaire à Xanthippe, je saurai m’adapter aux autres humains. »

On aura compris, à l’exemple de Socrate et de Xanthippe, que si, pour Nietzsche, le philosophe doit se méfier du mariage, c’est parce qu’une femme n’est qu’une entrave, un obstacle, un problème duquel il faut rester éloigné. L’institution maritale a toutes les chances d’empêcher le philosophe d’atteindre son « optimum de conditions favorables, dans lesquelles il peut déployer toute sa force et atteindre le maximum de son sentiment de puissance », dit Nietzsche. Il faut penser et faire comme Bouddha : « étroite, pensa-t-il, est la vie domestique, lieu d’impureté ; la liberté est dans l’abandon de la maison » : »et sur cette pensée, il quitta la maison ». L’idéal ascétique du célibat pourra alors être la condition de possibilité de quelque chose de plus grand.

Mais, n’en déplaise à Nietzsche, ne connait-on pas certains philosophes ayant été mariés ? Philippe Choulet, qui a présenté le texte dans l’édition GF, ajoute à la note 318 :

On peut compléter la revue des effectifs, en remarquant que Aristote, Hegel et Marx étaient mariés ; or, ils sont tous, en effet, même si c’est à des degrés divers, des philosophes de la dialectique : serait-ce que celle-ci représente la synthèse ou la solution qui peut mettre fin à la contradiction et à l’antithèse qu’est la scène de ménage ?

La dialectique comme solution de la scène de ménage ! Voilà ce qui permettrait aux philosophes mariés de gérer les contradictions du mariage. Mais quoique motrice, la dialectique n’est cependant pas sans dégâts. Jean-Marie Brohm, grand penseur trosko-marxiste contemporain, remarque ainsi − sans rire − dans Les principes de la dialectique (à vendre pour 5 EUR au lieu de 25 chez Mona Lisait − d’aucuns diront que c’est encore trop cher) :

Ainsi les contradictions internes au sein d’un couple trouvent immédiatement à s’exporter sur le voisinage, provoquant à leur tour l’exacerbation des contradictions internes des couples amis et créant de cette façon une concaténation de contradictions.

Jean-Marie Brohm, Les principes de la dialectique, p. 207.

Au Ve siècle, dans le quartier d’Athènes que fréquentait Socrate, ça devait ainsi concaténer sévère de la contradiction. La cigüe fut sans doute la synthèse sur laquelle le conflit domestique socratique aboutit. La mort de Socrate ? Non pas un procès en hérésie philosophique, politique ou religieuse, comme on l’a cru jusqu’alors, mais simplement le dernier épisode de la longue scène de ménage à laquelle se livraient Socrate et Xanthippe dans les rues athéniennes.

On s’interrogeait depuis toujours − surtout Nietzsche − sur les derniers mots de Socrate :

Criton, nous devons un coq à Esculape. Payez cette dette, ne soyez pas négligents.

Platon, Phédon, 118a.

On a tout imaginé derrière cette sentence ; d’après Nietzsche, c’était là l’aveu, ou au moins le symptôme d’une santé décadente. En fait, on saisit désormais mieux le sens de ces paroles : ce coq que Socrate voulait sacrifier aux Dieux, ce devait être cette poule, cette oie de Xanthippe !


Généalogie de la morale

Philippe Choulet (Introduction). Flammarion 2000, Poche, 278 pages, € 5,50


Vies et doctrines des philosophes illustres

Laerce Diogene. Le Livre de Poche 1999, Poche, 1398 pages, € 25,65


Les principes de la dialectique

Jean-Marie Brohm. Editions de La Passion 2003, Broché, 254 pages, € 19,00


Phédon

Platon. Flammarion 1999, Poche, 448 pages, € 8,32

Reposted by02mydafsoup-01 02mydafsoup-01

February 15 2011

20:18

De l’informatique à l’écriture, cherchez l’ennemi ! L’école et la nouvelle technologie

Dans le Canard Enchaîné du 2 février 2011, Jean-Luc Porquet [1] (p.6 « Copier/coller ») nous invite à nous précipiter sur le dernier numéro de la revue Notes et Morceaux choisis, Ecole, la servitude au programme. Il faudrait en particulier en lire le premier article, de Florent Gouget, professeur de français (« Florent Goujet (sic), enseignant en littérature » selon le Canard). L’auteur s’y intéresse à « L’école à l’époque de son reconditionnement technologique« . Faire basculer l’école dans le tout numérique : une bêtise, pis un crime.

Porquet nous présente quelques aspects de la critique de Gouget, l’ordinateur à l’école – la numérisation des cours : ouvre un marché (perpétuel) à l’industrie informatique, nuit à l’apprentissage et réduit le rôle de l’enseignant. Ce ne serait pas un progrès, mais un élan donné à la stagnation : tant qu’à ne rien apprendre, autant endormir les élèves devant des écrans (et des power point). Les emplois de demain ne demandent qu’une formation ridicule et une certaine adaptation aux nouvelles technologies, voilà ce à quoi l’école s’adapte. Voilà la bêtise. Porquet conclut en notant que, si l’on suit Gouget, les enseignants n’osent pas aller contre l’Histoire, alors qu’il le faudrait, pour « préserver les conditions de possibilité du développement de la conscience chez les nouvelles générations, en leur évitant d’être trop bien formées à la résignation ». Voilà le crime.

Cette technique nouvelle que fut l’écriture

Si vous voulez plus de précisions sur cet odieux brûlot anti-technologique (on est sur un blog ou pas !?) lisez-le donc, ou au moins l’article du Canard résumé ci-dessus. Concentrons-nous ici sur un aspect : cette nouvelle technologie qui gâte la qualité de l’apprentissage et réduit le rôle de l’enseignant, ça ne vous rappelle rien ? C’est pourtant vieux comme encore plus vieux qu’Hérode. Voyons ce que Platon fait dire à Socrate dans le Phèdre. Socrate rapporte « une tradition des anciens : les anciens connaissent la vérité ». Le dieu Theuth (Thôt) propose quelques inventions au dieu-roi Thamous (Amon), dont l’écriture.

« L’enseignement de l’écriture, ô roi, dit Theuth, accroîtra la science et la mémoire des Egyptiens ; car j’ai trouvé le remède de l’oubli et de l’ignorance ». Le roi répondit : « Ingénieux Theuth, tel est capable de créer les arts, tel autre de juger dans quelle mesure ils porteront tort ou profit à ceux qui doivent les mettre en usage : c’est ainsi que toi, père de l’écriture, tu lui attribues bénévolement une efficacité contraire à ce dont elle est capable ; car elle produira l’oubli dans les âmes en leur faisant négliger la mémoire : confiants dans l’écriture, c’est du dehors, par des caractères étrangers, et non plus du dedans, du fond d’eux-mêmes qu’ils chercheront à susciter leurs souvenirs ; tu as trouvé le moyen, non pas de retenir, mais de renouveler le souvenir, et ce que tu vas procurer à tes disciples, c’est la présomption qu’ils ont la science, non la science elle-même ; car, quand ils auront beaucoup lu sans apprendre, ils se croiront très savants, et il ne seront le plus souvent que des ignorants de commerce incommode, parce qu’ils se croiront savant sans l’être ». Phèdre, 274-275 (p.164-165 de ma traduction par E. Chambry chez GF), nous soulignons.

Ce texte est riche, voyons directement ce qui nous intéresse. Mais auparavant il faut noter l’importance du rôle de la mémoire chez Platon. La connaissance et la science sont le produit d’une opération que Platon (Socrate dans ses dialogues) appelle la réminiscence. La science consiste dans la mémoire (organisée) des Idées que l’âme a pu contempler avant son séjour sur Terre. Or ces Idées font l’objet d’une intuition – ce n’est qu’ensuite qu’on les associe à des mots, pour en parler aux autres. La principale difficulté dans l’acquisition de la science consiste donc dans l’intuition-accouchement par l’âme d’une Idée, dans ce premier souvenir d’une Idée, dans la réminiscence.

Celui qui acquiesce de la tête et répond « oui » croit qu’il a compris, mais n’a même pas fait l’effort de comprendre. Certes on ne se souvient pas facilement, mais lorsqu’on se trompe ou qu’on ne comprend pas, comme l’esclave du Ménon, on fait au moins l’effort. Avec l’écriture, on peut lire des mots et croire qu’on a des Idées, alors même qu’on ne les possède pas. L’écriture incite à la paresse, car la lecture n’est pas la mémoire. On ne possède pas le souvenir, il n’est que renouvelé par l’écriture, mais il n’est alors qu’un faux souvenir et un faux savoir.

Socrate soutient ainsi l’opinion de Thamous (et doit préciser à Phèdre, son interlocuteur, que même si ce n’est qu’un Egyptien, ce qui compte est que Thamous dit la vérité – Platon n’était pas xénophobe). L’écriture donne une impression de savoir, mais ne permet pas réellement le savoir. Quelque 2500 ans plus tard, Gouget nous rappelle que Internet et les connaissances numérisées ne sont pas du savoir.

Socrate le pédagogue

Socrate signale par la suite un autre inconvénient de l’écriture :

« C’est que l’écriture, Phèdre, a un grave inconvénient, tout comme la peinture. Les produits de la peinture sont comme s’ils étaient vivants ; mais pose-leur une question, ils gardent gravement le silence. Il en est de même des discours écrits. On pourrait croire qu’ils parlent en personnes intelligentes, mais demande-leur de t’expliquer ce qu’ils disent, il ne répondront qu’une chose, toujours la même. Une fois écrit, le discours roule partout et passe indifféremment dans les mains des connaisseurs et dans celles des profanes, et il ne sait pas distinguer à qui il faut, et à qui il ne faut pas parler. S’il se voit méprisé ou injurié injustement, il a toujours besoin du secours de son père ; car il n’est pas capable de repousser une attaque et de se défendre lui-même ». Phèdre, 275-276 (p.166-167 traduction par E. Chambry)

Le discours n’est efficace que s’il est porté par un individu, qui saura l’adapter aux protestations et réticences d’attention de ses destinataires en chair et en os. Ce n’est pas parce qu’un cours de physique propose des animations en couleur (l’informatique mélange la peinture et de l’écriture) que c’est un bon cours de physique. La discussion scientifique est toujours pédagogie chez Socrate, la pédagogie a donc des leçons à en tirer. Gouget tire sans doute les siennes : le professeur doit certainement faire autre chose que lire des livres ou des écrans devant des élèves passifs. Il doit éveiller leurs âmes au discours vrai, à la véritable réflexion, y faire germer la véritable science.

« Mais il est, à mon avis, une manière bien plus belle encore de s’occuper de ces choses : c’est quand on a trouvé une âme qui s’y prête, d’y planter et d’y semer avec la science, selon les règles de la dialectique, des discours capables de se défendre eux-mêmes et aussi celui qui les a semés, et qui, au lieu de rester stériles, portent une semence qui donnera naissance en d’autres âmes à d’autres discours, lesquels assureront à la semence toujours renouvelée l’immortalité, et rendront ses dépositaires aussi heureux qu’on peut l’être sur terre » Phèdre, 276-277

Voilà donc la mission du professeur : il doit éduquer les âmes. Ne pas viser une telle éducation est une faute. Au XXIe siècle on peut ainsi regretter que l’Education nationale tende à se transformer en Lecture et Informatique nationale (où l’interactivité n’est qu’un déguisement de la lecture des discours morts), n’élevant pas les âmes et préparant à la servitude.

Certes le monde post-moderne nous apprend que la science ne fait pas la sagesse, mais gageons qu’on peut encore viser cette saine union en primaire, au collège, et même au lycée. Il faut donc souhaiter des professeurs qu’ils fassent plus que lire les cours et apprendre à utiliser le vérificateur d’orthographe (qui suffirait à garantir l’employabilité dans une société de commerce). Cependant, est-il nécessaire de condamner l’informatique ? Platon n’a pas condamné l’écriture : il a écrit (des dialogues) et crée l’Académie (c’est donc lui qui a inventé l’école ! Et non Charlemagne).

Le cas de l’informatique est certainement plus compliqué. Vous pourriez ainsi me voir tenté se suivre un peu Gouget : l’ordinateur va sans doute abêtir son élève, lui faire ruminer des discours sans âme. Mais peut-être peut-on rendre un cours plus intéressant avec des TBI (des tableaux blancs un peu magiques, et non des ordinateurs individuels) aux mains des (seuls) professeurs ? Les couleurs, les « mouvements » ou la multiplication des mots écrits, l’informatique pourrait offrir de multiples possibilités de présentation (en proposant des contenus multimodaux plus riches). Les enseignants pourraient ainsi affiner leur prise en compte des élèves et de leurs différentes dispositions à apprendre (il y aurait des gamins plus visuels, d’autres plus auditifs) — une difficulté quand on a devant soi une trentaine d’élèves aux dispositions variées.

Que la technique doit être politique

Mais l’avenir est ouvert. L’informatique reste un outil, qui pourrait servir (sans asservir). Et  là s’arrête notre exposé. Comme nous nous adressons non pas à des élèves mais à des lecteurs, suivons ce que peut dire Montesquieu :

« Je voudrais chercher, dans tous les gouvernements modérés que nous connaissons, quelle est la distribution des trois pouvoirs [exécutif, législatif et judiciaire] et calculer par-là les degrés de liberté dont chacun peut jouir. Mais il ne faut pas toujours tellement épuiser un sujet, qu’on ne laisse rien à faire au lecteur. Il ne s’agit pas de faire lire, mais de faire penser ». De l’esprit des lois, livre XI, chapitre XX « fin de ce livre »

Peut-être même Montesquieu aurait tenu un blog à côté de son activité d’écrivain et espéré des commentaires (oui, j’anachronise et démagogise). Enfin grosse différence entre Montesquieu et Luccio : je m’arrête ici parce que je touche à mes limites, et Charles-Louis n’en avait pas.

Montesquieu pense avoir adapté la technique à son usage. Peut-être les professeurs feront de même quand on leur imposera une technique. Peut-être Gouget parle-t-il lui aussi du mythe de Theuth, pour souligner, par exemple, l’importance du rôle de l’enseignant. Mais notons que la technique n’est pas le mal, le mal c’est mettre la technique au centre de l’apprentissage. Peut-être que Gouget nous répondrait que l’école en prend malheureusement le chemin. Nous pouvons enfin imaginer qu’il tient une position anti-informatique forte surtout pour infléchir la tendance trop informaticophile de l’Education Nationale (il proposerait publiquement un idéal régulateur concurrent en espérant en réalité que la troupe suive une voie moyenne).

Parions donc que Gouget se place au moins indirectement sous le patronage de ce mythe de Theuth. Rappelons-nous ce que note Thamous, « tel est capable de créer les arts, tel autre de juger dans quelle mesure ils porteront tort ou profit à ceux qui doivent les mettre en usage ». Pour Platon, celui qui maîtrise les techniques d’usage commande celui qui maîtrise les techniques de fabrication. Le pilote commande au constructeur naval, et l’homme politique à l’inventeur de l’écriture et aux professeurs. Sans doute Gouget veut s’opposer à la technique (et à ce que certains avancent comme le sens de l’Histoire) au nom et au moyen de la politique. Mais peut-être pas sur un plan platonicien (où le philosophe, plus que le Démocrate, s’occupe de la cité). Nous voilà arrivés au bout de ce billet presque aussi publicitaire qu’un billet gnourosien sur Yves Michaud.

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[1] N’étant pas un lecteur assidu du Canard, je ne connais pas vraiment l’auteur de cet article.


Notes et morceaux choisis n10

Collectif. Editions La Lenteur 2011, Broché, 139 pages, € 7,60


Phèdre

Jacques Derrida (Commentaires). Flammarion 2006, Poche, 418 pages, € 7,88


De l’esprit des lois, tome 1

Victor Goldschmidt (Préface). Flammarion 1993, Poche, 486 pages, € 6,00

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