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March 03 2012

21:45

Le corps de Marine Le Pen

La prestation de Marine Le Pen jeudi dernier lors de l’émission Des paroles et des actes animée par David Pujadas fut remarquable par le non débat qui eut lieu (ou du débat qui n’eut pas lieu) avec Jean-Luc Mélenchon, où celle-ci tâchait de rester stoïque et aussi muette qu’un quaker face au contradicteur qu’on lui avait opposé. Cependant, mon attention était captivée par tout autre chose ; par quelque chose que mon penchant fétichiste n’avait encore jamais remarqué jusqu’à présent, lorsque par mégarde, mon regard se posait sur Marine Le Pen. Quelque chose qui, je pense, est bien plus qu’un « simple détail » de l’histoire de ces présidentielles : Marine Le Pen n’avait pas de boucles d’oreilles.

Oui, lecteur : Marine Le Pen n’avait pas de boucles d’oreilles. Pourquoi est-ce important ? Parce que s’il est possible de lire dans les coupes de cheveux comme on lit dans les lignes de la main, peut-être est-il également possible de le faire dans les oreilles. Entendons plus généralement : que le corps d’un individu peut être lu, interprété, examiné, en ce qu’en lui, sur lui, grâce à lui, avec lui, se cristalise tout un ensemble de principes, maximes et habitudes qui caractérisent ce même individu. Bien plus peut-on même dire avec Bourdieu [1] que :

Le schéma corporel [en tant qu'il] est dépositaire de toute une vision du monde social, de toute une philosophie de la personne et du corps propre.

Bourdieu, La distinction, p. 240

Et ailleurs :

Tout se passe comme si les conditionnements sociaux attachés à une condition sociale tendaient à inscrire le rapport au monde social dans un rapport durable et généralisé du corps propre, une manière de tenir son corps, de le présenter aux autres, de le mouvoir, de lui faire un place, qui donne au corps sa physionomie sociale.

Bourdieu, Ibid., p. 552.

En somme, rien de plus social que ce qui apparaît au premier abord comme le plus intime et personnel. Le rapport que chacun entretient à son propre corps n’est pas privé, mais au contraire public. Des goûts alimentaires jusqu’aux choix des pratiques sportives, en passant par la façon de parler, il n’y a pas un comportement, une manière d’être qui n’échappe aux règles des habitus corporels, qui caractérisent à chaque fois un monde social bien particulier, très spécifique. Une herméneutique du corps s’ouvre alors à l’observateur attentif, rendant possible une exégèse des rides, bosses, cicatrices, mais aussi des rognures d’ongles, peaux d’orange et autres culottes de cheval − le corps est un traître.

Concernant les boucles d’oreilles de Marine Le Pen, elles brillent par leur absence. Ceci tient dans son cas à une impossibilité physiologique : ses oreilles ne sont pas percées. Marine Le Pen n’a pas sacrifié à ce rite féminin si caractéristique qui est pour la plupart des jeunes filles comme un passage obligé, tout comme l’excision ou la circoncision ailleurs. Passage qui advient parfois très tôt : certaines ne se souviennent même plus de quand leurs oreilles furent percées ; la décision en incombe alors souvent dans ces cas-là à une mère qui, avant même que leur enfant ne sache marcher ou parler, choisit de le conformer aux codes esthétiques féminins en vigueur. Pour d’autres, c’est une décision plus tardive, courant l’adolescence, ou à son sortir : la prise de décision se fait plus autonome, tantôt en accord avec les parents, tantôt en rébellion contre.

Chez les Le Pen, à l’évidence, le rite du perçage des oreilles au sortir du berceau était refusé. Si j’en juge par des photos trouvées ici et là, le cas Marine n’est en effet pas isolé, puisque ses sœurs non plus n’en portent pas :

Que peut-on en déduire ? Un certain nombre de choses, mais qui sont − il faut le reconnaître − avant tout de l’ordre de l’hypothèse.

Premièrement, cela pourrait indiquer un certain rapport au corps distancié (caractéristique, selon Bourdieu, des catégories sociales favorisées), excluant les modifications, hybridations et transformations du corps même les plus simples. Un naturalisme qui idolâtre les produits de Sainte Mère Nature, et considère qu’il pourrait être infamant de chercher à les parfaire. Une condamnation de l’hybris prométhéiste cherchant à contester ce que le Grand Être a créé. Un culte, une adoration de l’ordre naturel. On sait que Jean-Marie avait perdu un oeil lors de ses vaillants combats ; pendant longtemps, certainement pour les mêmes raisons naturalistes, il portait un bandeau du type « Pirate de Caraïbes » (Episode I) ; ce n’est que tardivement qu’il accepta d’avoir recours à une transformation corporelle (oeil de verre), préférant sans doute jusqu’alors ne pas avoir à tricher avec la nature − mais le pragmatisme politique l’a sans doute conduit à hiérarchiser à nouveau ses principes.

Deuxièmement, d’une manière connexe, on pourrait lire un refus du paraître, de la triche, du mensonge. Il faut se montrer dans la vie sociale tel que l’on est, et ne pas chercher à feinter les autres. On trouve chez le bon Rousseau, dont le culte de la nature et la condamnation de la technique sont le fond de commerce, une pareille critique de tout ce qui permet aux hommes de se dissimuler, à commencer par la politesse. Culte de la transparence, qui abolit la rupture qui pourrait exister entre les états intérieurs et leur expression. Sans doute Rousseau aurait-il condamné le maquillage et les boucles d’oreilles (sans doute l’a-t-il d’ailleurs fait, mais j’ai dû oublier où) ; des raisons analogues se trouvent sans doute ici chez les Le Pen dans le refus des cosmétiques : car il n’y a pas que les boucles d’oreilles que Marine refuse ; il y a également le verni à ongles ; lorsqu’elle en vient à devoir s’exprimer sur un plateau de télévision, son maquillage est toujours minimaliste. En ce sens, quoi qu’on en dise, elle constitue l’anti-Nadine Morano, qui, elle, sacrifie à la fois aux boucles d’oreilles, au poudrage abondant et aux faux-ongles (il me semble).

Troisièmement, ce que l’on peut constater, c’est que ce refus d’attenter à son corps est patent chez Marine Le Pen. À l’évidence, elle est une femme terriblement nerveuse, stressée, anxieuse, angoissée. Pour évacuer le stress, la plupart des gens se rongent les ongles, battent du pied, ou grincent des dents (bruxisme) : le corps manifeste les états émotionnels [2]. Or, aucun stigmate de somatisation du stress n’est apparent sur le corps de Marine Le Pen (pas d’ongles rongés, pas de pied qui bat durant les débats, ni de dents usées − ses dents sont longues), si ce n’est un : l’index de sa main droite, très jauni, témoignant des nombreuses cigarettes fumées, lui donnant par ailleurs cette voix si reconnaissable. Si l’on suit cette hypothèse, l’éducation corporelle lepéniste devait refouler le corps et entretenir un certain mépris à son égard, à commencer par le mépris quant aux émotions : chez les Le Pen, on ne se ronge pas les ongles, et sans doute ne pleure-t-on pas non plus. Mépris semblable que l’on retrouve souvent dans un certain catholicisme. (Qu’elle soit droitière et fume de la main droite pourrait également témoigner d’un refus de fumer en travaillant − certains droitiers fument de la main gauche tout en travaillant −, qui conduit à une ambiguïté sur l’organisation du travail lepéniste : d’une part, catégorisation très stricte entre les moments de travail et les moments de détentes, mais d’autre part, instauration de nombreuses pauses au cours de la journée, sans lesquelles le doigt ne serait pas ainsi jauni − en somme, une organisation qui sépare bien travail et loisir, mais qui donne une grande place à ce dernier lorsqu’il s’agit de certaines personnes autorisées.)

Enfin, quatrièmement, la question se pose d’un point de vue plus biographique des raisons expliquant le refus, même tardif, du perçage des oreilles. Comme on avait pu le dire par ailleurs concernant les coupes de cheveux, le fait d’une habitude corporelle contractée durant l’enfance, souvent du fait de la pression parentale, pose la question de sa perpétuation une fois le sujet arrivé à l’âge adulte. Que l’on m’autorise ce plaisir incestueux de me citer moi-même :

Lorsqu’un jour vient l’occasion pour l’enfant de choisir entre la pilule rouge, qui lui permettra de s’évader des chaînes parentales qui le maintiennent attaché au fond de la caverne de l’autorité, et la pilule bleue, qui au contraire le replongera dans l’obscurité de la tutelle d’autrui, il est face à un choix déterminant en tant qu’il est un être-capillaire.

Oscar Gnouros, « Comment lire dans les coupes de cheveux comme on lit dans les lignes de la main », Morbleu !, 22 décembre 2009.

De même pour son être cosmétique : l’enfant élevé dans la détestation du maquillage peut soit choisir d’y demeurer, soit décider d’en sortir. Le choix des filles Le Pen paraît avoir été celui de l’orthodoxie familiale. Cela pourrait ainsi témoigner, si l’on ose l’hypothèse psychanalytique, d’une solide intériorisation des codes parentaux, de la constitution d’un surmoi inébranlable prohibant toute une foule de choses, d’une reproduction presque carbon copy des schémas familiaux : les filles sont des répliques authentiques, du Le Pen AOC.

Car en effet, face à toutes ces questions, on pourrait se placer dans le cadre d’un anabaptisme cosmétique : si on n’a pas percé les oreilles des filles Le Pen lorsqu’elles étaient encore enfantes et sous le joug parental, c’est afin qu’elles ne prennent cette décision que d’une manière autonome, plus tardivement, en toute connaissance de cause. De la même manière que certains parents refusent de baptiser leurs enfants dès la maternité afin de leur laisser pleinement le choix d’entrer ou non en religion, on pourrait supposer chez les Le Pen en matière de codes esthétiques une tradition libérale qui attendrait un âge un peu plus mur pour faire entrer ou non les enfantes dans la religion de la boucle d’oreille et du verni à ongles, pour que leur choix soit éclairé, conscient et volontaire. Mais malgré cette liberté qui aurait pu être laissée, la puissance des habitudes sociales et familiales firent que pas une n’osa franchir le Rubicon esthétique, par crainte sans doute de paraître céder à une dépravation gauchiste et hippie, par crainte du courroux parental surmoïque. Cela laisse imaginer ce que fut cette éducation, pour que pas une exception n’advienne : une mécanique bien huilée, fluide et parfaite, sans grain de sable − le rêve du totalitarisme.

Culte de la nature, transparence intentionnelle, refoulement émotionnel, soumission aux traditions : la prétendue rupture entre le père Jean-Marie et sa fille Marine n’est ainsi sans doute qu’apparente − elle continue de faire corps avec. Une continuité au moins psychanalytique paraît évidente : le père n’a pas été tué. Le Front National aura un nouveau visage le jour où cet Œdipe se crèvera non pas les yeux avec des épingles, mais les oreilles, et où ses dirigeantes porterons des boucles d’oreilles.
________________________
[1] On célèbre les 10 ans de la disparition de Bourdieu cette année (ça se sait un peu) ; également, cela fait 10 ans que John Rawls et Robert Nozick ont disparu (ça se célèbre un peu moins).
[2] Corps et émotions ne font qu’un, si l’on suit William James.

March 07 2011

09:55

Marine Le Pen, présidente en 2012 : et alors quoi ?

On a appris ce week-end par un sondage que Marine Le Pen arriverait en tête au premier tour des élections présidentielles de 2012 avec 23% des suffrages, devant Nicolas Sarkozy et Martine Aubry, qui resteraient tous deux derrière à égalité de voix à 21%.

Les réactions face à ce sondage divergent :

  1. Certains jouent la carte de l’étonnement, et accusent la politique de l’actuel gouvernement d’être responsable de cette montée :
    1. Soit que cette politique « chasse sur les terres du FN » à coup de débats sur l’islam, sur l’identité nationale, sur la laïcité, à coup de réactions sécuritaires face aux faits divers et de nomination de ministres décomplexés quant à la question de l’immigration.
    2. Soit qu’au contraire cette politique ne tient pas ses promesses en tous ces points, et qu’en lieu et place du Le Pen soft qu’est Sarkozy, on préférera désormais l’original à la copie.
  2. D’autres ne voient en revanche là-dedans qu’une simple confirmation du mécontentement que l’on entend gronder dans la société, et qui ne fait que monter depuis des années.
  3. D’autres, enfin, nient la crédibilité du sondage, en disant qu’il a été fait de telle sorte que le journal commanditaire puisse faire sa « une » sur cette nouvelle, et vendre ainsi plus de papier.

En dehors de ces interprétations, faisons un petit essai de « catastrophisme éclairé », et prenons l’hypothèse au sérieux d’une Marine Le Pen présente au deuxième tour :

  1. Il est déjà hautement improbable que celle-ci puisse succéder au deuxième tour, que cela soit face à Nicolas Sarkozy ou Martine Aubry. Sans doute les reports de voix ne seraient pas les mêmes : dans une telle configuration, je soupçonne qu’il y aura plus de voix de gauche à se reporter sur Nicolas Sarkozy, que de droite sur Martine Aubry. Mais l’un ou l’autre de ces candidats sera certainement élu. Mais admettons que non, et que Marine Le Pen soit élue.
  2. Une fois au pouvoir, Marine Le Pen doit affronter une deuxième épreuve, qui est celle des élections législatives. Il sera alors encore plus hautement improbable que celle-ci trouve une assemblée nationale à sa main. Impossible même : sans aucun doute une poignée de députés parviendront à se faire élire, mais jamais il n’y aura une majorité de députés frontistes à l’Assemblée Nationale.
  3. Se formera alors très probablement un gouvernement de cohabitation, soit de gauche, soit de droite. Mon intuition est qu’il sera de gauche, car il y aura une contre-réaction lors de cette élection de tous les gens outrés par l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir. Il va d’ailleurs sans dire que la rue aura été très agitée dans l’intervalle des quelques semaines séparant les élections.
  4. Marine Le Pen devra alors gouverner tant bien que mal avec ce dispositif. Ses pouvoirs seront on ne peut plus limités par cette cohabitation : on a vu ce qu’il en était par le passé. On a souvent reproché au système de la cohabitation d’être une monstruosité institutionnelle ; en l’occurrence, dans le cas présent, elle pourrait bien être ce qui rendra l’élection de Marine Le Pen totalement inefficace − mais pas anodine, car, comme on va le voir, on va patiner.
  5. Marine Le Pen n’aura dès lors qu’une petite marge de manœuvre. En premier lieu, elle pourra choisir de dissoudre l’Assemblée Nationale. Il lui faudra alors attendre le bon moment. Dans ce cas, tout dépendra du contexte. Soit les choses s’améliorent (que le gouvernement en soit responsable ou pas) et dans ce cas il est fort possible que la fièvre frontiste baisse, et que donc les choses tournent encore moins à son avantage à l’Assemblée ; soit elles se détériorent encore plus, et dans ce cas, les proportions de députés frontistes augmenteront sans doute. Mais là encore, il n’y en aura encore jamais assez pour qu’ils puissent être majoritaires. Aussi bien, on pourrait passer d’un gouvernement de gauche à un de droite, ou inversement.
  6. Mais elle pourrait aussi décider de nommer un premier Ministre frontiste, quand bien même l’Assemblée ne serait pas à sa main − et ce, dès même son élection. Mais alors comment un tel gouvernement pourrait-il gouverner sans l’aval de l’Assemblée ? Il y aura très probablement une sur-utilisation des dispositifs un peu autoritaires, tels que le fameux 49.3, dont on connait les limites. On aura manifestation sur manifestation, affrontements policiers, et etc. J’ignore quelle peut-être l’issue d’un tel scénario : à voir comment cela se passe dans les « pays nord-méditerranéens » (comme les désigne Claude Guéant, histoire de ne pas prononcer certains mots), on peut imaginer une situation sociale pas mal secouée − il n’y a qu’à voir cette année pour une simple histoire de retraites.
  7. Reste que, la constitution semblant rendre inefficace le pouvoir de Marine Le Pen, celle-ci cherchera sans aucun doute à la modifier. Cela se ferra très certainement à coup de referendum, car la modifier par le Congrès du Parlement n’offre une solution que très friable pour elle. Sans aucun doute seront nous alors submergés de referendum sur de nombreuses questions, jusqu’à ce que l’issue de l’un d’eux s’avère positive − car les gens résisteront aux différents referendum, simplement parce que son initiative vient de Marine Le Pen. Cependant, je pense qu’il y aura moins d’obstacles à ce que des gens même anti-frontistes puissent voter « oui » à l’un de ces referendum. En effet, il est des questions constitutionnelles qui transcendent les intérêts frontistes, comme par exemple celle portant sur le changement du mode de scrutin des législatives (et d’autres élections) pour la proportionnelle : voici qui intéresse tous les petits partis et qui effraye les gros. Une telle proposition, selon le contexte, pourrait sans doute être très facilement adoptée, car les intérêts des adversaires les plus féroces au Front convergent paradoxalement avec lui.
  8. On procéderait alors à de nouvelles élections législatives, qui déboucheraient sur une Assemblée beaucoup plus métissée, où il y aura beaucoup plus de frontistes, moins de socialistes et d’UMP, mais aussi beaucoup plus de députés de l’extrême gauche. Qui sait si Jean-Luc Mélanchon ne pourrait pas profiter de ce contexte politique pour encore monter ?
  9. Quel gouvernement pourrait alors se former ? Sans aucun doute un gouvernement frontiste aura plus de chances de faire voter ses lois. Un gouvernement de coalition un peu bariolé pourrait aussi se former, un peu à l’israélienne, mais je n’y crois pas du tout : au Front, on reste tout de même plus attaché à la « pureté » qu’au pragmatisme, et on ne cherchera pas à rassembler à l’État hébreux.
  10. Le temps que tout cela se passe, et les élections de 2017 seront déjà arrivées. Quelle en sera l’issue pour les frontistes ? De part l’instabilité politique qu’il y aura eu pendant un quinquennat, la politique exercée aura été inefficace : on aura perdu (encore) 5 ans. La situation pourrait alors bien être explosive. Soit les électeurs imputeront la responsabilité de cet échec aux forces d’oppositions au Front et pourraient bien persévérer ou même se renforcer dans leurs choix. Soit, au contraire, on jugera de l’inefficacité de porter des dirigeants frontistes au pouvoir, et on ne recommencera pas − j’imagine que c’est là l’issue la plus crédible. En fonction du contexte, on se portera alors soit à nouveau sur des partis classiques, soit au contraire vers d’autres populismes.
  11. On conservera cependant les réformes constitutionnelles que le Front aura fait passer − si toutefois il parvient à réussir cette entreprise. Comme dans L’Aventure c’est l’aventure, on s’écriera que « la Ve, c’est foutu ».

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L’aventure c’est l’aventure

Aldo Maccione (Interprète principal). Lancaster 1972, DVD, € 3,85

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