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July 01 2010
La philosophie dans Google
Un jour que je cherchais des photos d’Hayek sur Google, j’eus la surprise de découvrir que celui-ci était d’une apparence fort féminine et appétissante, bien loin de l’austérité viennoise à moustache que j’imaginais. En fait, il s’agissait de Salma, et non de Friedrich.
Il ne s’agit là n’est que de l’une des mille surprises que Google est capable d’offrir au cyber-chercheur. D’autres existent. L’une des plus savoureuses est celle que réserve la fonction d’autocomplétion. Entrez un mot clef, et Google vous suggère d’affiner votre requête par d’autres termes, qui sans doute figurent au plus haut des palmarès des recherches les plus fréquentes. Cela informe beaucoup sur ce que cherchent les « googlenautes » :

On voit que les sujets qui intéressent à propos de notre président sont d’une importance toute critique, a fortiori si l’on précise davantage :

Google permet également de connaître le nombre de pages qui référencent un terme. Pour en revenir à Hayek, on constate ainsi, grâce à l’indispensable site GoogleFight, que Salma fait couler beaucoup, beaucoup plus d’encre que Friedrich, et que, par conséquent, il faut peut-être croire nos éditorialistes annonçant la mort de la fameuse idéologie-ultra-libérale, qui attire franchement moins qu’un décolleté - mais quel décolleté !

L’intérêt philosophique de tout cela ? Il est évident : découvrir le philosophe le plus populaire de la toile ! Ainsi, on découvre que Kant surpasse largement Hume, le Prussien se payant même le luxe de dépasser Salma Hayek :

Seul le ciel des Idées de Platon paraît être en mesure de rivaliser avec les jugements synthétiques a priori de Kant - et encore, en ne les talonnant que très poussivement :

C’est pourquoi il faut organiser des combats organisés. Ainsi, le rapport de force entre Heidegger et Hitler va évidemment en faveur du Führer. Mais sur le terrain proprement philosophique du nazisme, si l’on oppose le bon Martin Heidegger, recteur de l’académie de Fribourg pendant les années sombres, si zélé qu’il parvenait à effrayer les nazis eux-mêmes, au docteur en philosophie Joseph Goebbels devenu alors ministre de la propagande, force est de constater que l’ontologie suscite bien plus d’interrogations :

Un autre outil merveilleux se nomme Google Trends. Il permet d’analyser les tendances (oui) quant aux termes que recherchent les internautes, en fonction du temps :

Ainsi, on voit que le succès de Kant est à nuancer. Alors que Hume est à peu près stable, ou en faible diminution depuis 2004, on constate en revanche que Kant est en crise depuis cette année qui marquait son apogée, sans doute liée à la célébration du bicentenaire de sa mort. Qui plus est, Kant est très cyclique. Il souffre davantage que Hume de la désertion d’Internet bien connue aux abords de l’été et de noël. Hume intéresse aussi bien à la plage qu’au moment de farcir la dinde.
Qu’en est-il de nos philosophes médiatiques ?

On constate que Glucksmann s’éteint lentement, comme une vieille braise sous ses cendres. Finkielkraut quant à lui, malgré tous ses efforts, reste bien en dessous de BHL. Saluons toutefois sa belle performance de 2005, où ses propos sur l’équipe de France « black-black-black » constituent sur sa courbe un Everest bien plus haut que celui de l’affaire Botul pour BHL. C’est que Finkielkraut ne parvient à dépasser BHL que ponctuellement, comme par exemple récemment avec ses commentaires au sujet, une fois encore, de l’équipe de France. En dehors de ces quelques fois, BHL reste sans conteste le philosophe contemporain le plus frappé, le plus tapé - et cela peut-être pas uniquement sur Internet.
June 09 2010
February 19 2010
Pourquoi Twitter c’est bien, mais pas top - et Hayek contre Keynes
Presque au même moment où nous inaugurions cette merveilleuse rubrique baptisée du merveilleux nom de www.endredi(t), nous débarquions sur Twitter. Or, il se trouve que ces deux choses, Twitter et www.endredi(t), se chevauchent quant à l’usage que l’on en fait ici. Dans les deux cas, nous y postons des liens jugés pertinents que nous rencontrons au hasard de nos cyber-détours sur Internet.
Est-il raisonnable d’entretenir l’usage de deux choses qui ne font que tautologiquement se bégayer l’une et l’autre ? Sans doute est-il plus judicieux de requalifier les usages.
Par principe, je répugne à centraliser sur un service externe une activité qui pourrait tout aussi bien avoir sa place sur ce même blog, puisque la possibilité technique le permet fort bien, au moins partiellement. Surutiliser Twitter ou Facebook, alors que l’on pourrait parfaitement s’en passer au profit de solutions décentralisées revient à recréer, pour employer les mots de Benjamin Brayard, le Minitel 2.0.
Twitter ou Facebook (et d’autres systèmes sangsues qui ne vivent qu’en suçant l’énergie créatrice des personnes qu’elles hébergent, comme par exemple toutes les plateformes de bloging, et certains pseudo-digg-like comme ceux sur lequel ce texte apparaîtra parfaitement repompé jusque dans ses moindres détails) sont des contenants, des coquilles vides, sans aucun contenu propre. Ce sont les utilisateurs qui les remplissent et leur donnent leur valeur. Ils sont des trous noirs qui absorbent l’énergie, la concentrent et la centralisent en seulement quelques points. Le contraire du principe de l’Internet, qui est d’être un réseau décentralisé.
Cela procure une force sans pareil à ces monopoles de l’édition web, qui peuvent ensuite en user et en abuser, comme dans le cas Yann Moix (indépendamment du fait qu’on l’apprécie ou pas) où tout le contenu qu’il ajouta patiemment sur Facebook fut supprimé d’un trait.
Reste que Twitter, dans l’état actuel des choses, me paraît beaucoup plus adapté au repostage de liens que www.endredi(t), et ce pour (au moins) trois raisons :
- Certains liens ont à faire directement avec l’actualité la plus brûlante. Les conserver plusieurs jours au frigo pour ne les ressortir qu’une fois le vendredi venu leur ôte la fraicheur qui leur donnait leur si bon goût sur le moment.
- Poster le lien aussitôt découvert ? Il n’est pas raisonnable de poster un billet à chaque fois, dont le seul contenu ne serait que le titre d’un lien et son URL. Il faudrait :
- soit regrouper tous les liens sur une même page par tranche de temps (mais l’on retombe dans la difficulté soulevée en 1) ;
- soit poster un vrai commentaire pour chaque lien de sorte que le post ne soit pas une page presque vide. Or, tous les liens ne méritent pas que l’on discoure ainsi sur eux. Il faudrait alors :
- soit se forcer à le faire ;
- soit ne faire figurer que les quelques liens en valant décidément la peine. Or, certains liens n’appelant pas de commentaire méritent parfois tout de même d’être signalés.
- Par ailleurs, le regroupement de plusieurs liens portant sur différents sujets au sein d’un même post conduit parfois à un texte très dispersé et sans cohérence. Ça peut être intéressant certaines fois : c’est dans les ratatouilles d’idées que naissent les meilleurs concepts. Mais je doute que le lecteur y trouve toujours un intérêt. La ratatouille n’est bonne que lorsqu’elle est bien faite.
C’est pourquoi, contrairement à ce que j’avais annoncé avec ambition il y a quelques semaines, je ne pense pas continuer à publier des www.endredi(t) comme habituellement. Les liens intéressants, le lecteur curieux de les découvrir pourra se rendre sur la page Twitter de Morbleu ! - qui s’y écrit cependant Worbleu.
www.endredi(t) n’en disparaitra pas pour autant. De temps en temps, quand ça en vaudra la peine, certains liens « le valant bien » y seront présentés. Et pas seulement le vendredi.
Je commence dès aujourd’hui en vous proposant - en plus du lien vers Yann Moix et Benjamin Brayard que les plus assidus auront évidemment suivi - cette vidéo, pour finir en musique, une dernière fois, comme il se doit :
[There is a video that cannot be displayed in this feed. Visit the blog entry to see the video.]
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